Même si la mort subite du nourrisson est reconnue à titre de syndrome (un ensemble de symptômes qui identifie une maladie) dès 1963, ce n’est que depuis les années 1970 que de nombreux efforts de prévention ont été fournis par plusieurs équipes médicales. À partir de 1973, on a aussi noté la mort subite d’un deuxième nourrisson dans la même famille et certains cas où le bébé était découvert à temps pour être ranimé. Des études ont alors mis en lumière que la MSN serait dû à un arrêt respiratoire survenant pendant le sommeil, appelé aussi apnée du sommeil. Cependant, malgré le programme de prévention de la MSN mis en place en fonction de l’hypothèse de l’apnée dans plusieurs pays, il n’a pas été observé la moindre diminution de sa fréquence. Bien au contraire, les cas de MSN se sont multipliés jusqu’à la fin des années 1980.
Durant toutes ces années, des études suffisamment nombreuses et fiables ont finalement permis d’éliminer l’apnée du sommeil comme cause principale de la mort subite du nourrisson. Par ailleurs, d’autres ont permis d’établir que la position dorsale était la position la plus sécuritaire pour le sommeil des nourrissons. Depuis les années 1990, cette mesure recommandée s’est avérée particulièrement efficace puisque dans toutes les régions où elle a été appliquée (notamment au Canada), les cas de MSN ont diminué dans une proportion d’environ deux tiers.
Depuis, les théories sur les causes du SMSN se sont succédées. Les études de ces dernières années mettent maintenant l’accent sur la présence chez les nourrissons de troubles cardio-respiratoires liés à l’immaturité du système nerveux.
Les recommandations actuelles pour prévenir le risque de MSN sont indiquées dans le tableau suivant :
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MOYENS PRÉVENTIFS |
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Coucher le bébé sur le dos dès la naissance et pendant la première année de vie - supprimer la position ventrale |
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Utiliser une literie de sécurité jusqu’à 2 ans - lit à montants rigides |
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Attention à l’environnement de l’enfant - température ambiante de sa chambre à 19-20°C |
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Protéger le sommeil des bébés - éviter les privations de sommeil (suppression de la sieste) |
Lorsqu’un bébé se tourne de lui-même sur le ventre, il n’y a plus de risque pour le SMSN, car il a la musculature qu’il faut pour tourner sa tête et son corps, s’il y a lieu.
Afin de respecter les besoins en sommeil du nourrisson, il est recommandé de ne pas maintenir réveiller, un bébé de moins de 6 mois, plus de 2 heures à la fois. Vers l’âge de 3 mois, il y a trois périodes de sieste bien définies, dont une le matin d’une durée d’environ 2 heures. Une en début d’après-midi, d’une durée d’environ 2h30 et enfin une troisième sur l’heure du souper d’une durée d’environ 45 minutes. Voici un exemple d’horaire, à titre de point repère. L’horaire des siestes s’ajustent en fonction du réveil le matin. Voici un exemple d'horaire.
Lever à 6h30
Sieste AM de 8h00 à 10h00
Sieste PM de midi à 14h30
Sieste PM de 16h30 à 17h15
Dodo à 19h
De nombreux parents qui n’ont pas réussi à résoudre les problèmes de sommeil de leurs enfants sont tentés de recourir à la médication (somnifère ou sédatif sous forme de sirop), ne serait-ce que pour avoir au moins une bonne nuit de sommeil. Cependant, sachez qu’aucun médicament ne peut faciliter cet apprentissage. Il faut savoir que les médicaments pour dormir entraînent parfois un effet contraire, car l’enfant lutte encore plus fortement contre le sommeil. Ainsi, l’enfant est très énervé le soir, facilement agité et agressif durant la journée. De plus, certains spécialistes soupçonnent qu'il existe un lien entre ces médicaments et la mort subite du nourrisson.
Votre bébé ou votre enfant n’a pas besoin de somnifères. Il a besoin d’être compris et qu’on lui apprenne à bien dormir. Offrez-lui plutôt des « remèdes psychologiques » tels : l’attention, l’approbation, la considération, l’affection, l’écoute, des sourires et des câlins… durant les périodes d’éveil.
Enfin, il est important de se rappeler que ni les parents ni la famille ne sont responsables du SMSN. Il n'est pas dû à un rôle parental déficient ou à un manque d'attention sur le plan physique, émotionnel ou spirituel. Les mesures de prévention ont contribué à faire baisser les décès de 75% et représentent la seule approche efficace actuellement contre la mort subite du nourrisson.
Brigitte Langevin, auteure, conférencière et formatrice agréée
Comment aider mon enfant à mieux dormir
www.brigittelangevin.com