Si votre enfant de 2½ ans dort seulement huit heures par nuit, ne veut plus faire de sieste et se comporte bien durant la journée, il est tentant de conclure qu’il n’a pas besoin de plus de sommeil. Détrompez-vous, huit heures de sommeil sont rarement suffisantes pour un enfant de cet âge. Encore de nos jours la plupart d’entre nous pensent au sommeil comme une cessation d’activité, un oubli dans lequel nous glissons et où rien ne se passe. Or c’est exactement le contraire.
En fait, dormir est aussi essentiel à l’enfant que d’être nourri et aimé. Nous savons maintenant avec la science du sommeil que cette période dans lequel nous passons le tiers de nos journées en moyenne, et c’est beaucoup plus chez les enfants, est loin d’être une simple mise en veilleuse de notre activité mentale et physique. Chez l’enfant, pendant que son corps dort, sur le plan physiologique, il y a aura entre autres, la sécrétion de l’hormone de croissance, l’élimination des déchets, le renforcement de son ossature, la cicatrisation des plaies (les bobos) et surtout la réponse de l’activation immunitaire (c’est pendant qu’il dort que son corps combat les virus). Sur le plan intellectuel (durant un stade particulier du sommeil) aura lieu entre autres, le traitement de l’information et la mémorisation, la maturation du système nerveux central, l’apprentissage de nouvelles matières, l’adaptation émotionnelle, etc…
La planification des siestes est donc importante, elle doit s’ajuster en fonction de l’âge et des besoins en sommeil de l’enfant. Le nombre de siestes dans la journée varie selon l’âge de l’enfant. Même si certains enfants souhaitent abandonner la sieste dès l’âge de 2 ans, une période de repos (étendu sur son matelas sans dormir) peut très bien remplacer la sieste. Il n’est pas rare de les voir s’endormir. Combien de siestes l’enfant doit-il faire par jour ? Voici quelques repères :
Chez les enfants, bien souvent le refus de faire la sieste n’est qu’un jeu dans lequel il s’oppose aux règles établies. Ainsi, il s’affirme en tant qu’individu doté de caractère et de personnalité. Il est suggéré aux adultes (parents et éducateurs) d’accepter qu’un enfant refuse de faire de sieste, on ne peut forcer personne à dormir. Mais ATTENTION, il est primordial d’installer un temps de repos où l’enfant se trouve allongé sur son matelas ou dans son lit, les yeux ouverts s’il le désire, mais sans aucune stimulation de quelque sorte (jouet, livre ou autre). Chez les plus vieux, après quarante-cinq minutes de repos sans bruit, l’enfant qui ne s’est pas assoupi sera autorisé à se lever. Dans un milieu de garde, ces enfants pourraient participer à une activité calme, tel que lecture, casse-tête ou coloriage jusqu’à ce que les autres soient éveillés. Il faut éviter qu’un bénéfice se créer à l’idée de ne pas vouloir dormir cependant. Afin de répondre à leur désir de jouer, certains enfants sont prêts à mettre tout en œuvre pour sauter la période de dodo de l’après-midi. Soyez vigilent ! Le rôle du parent ou de l’adulte qui en prend soin est de répondre aux besoins de l’enfant (dormir est un besoin fondamental !) et d’entendre le désir de l’enfant sans toutefois y répondre.
Si votre enfant ne veut plus faire de sieste et qu’aucune période de repos n’a été instaurée pour la remplacer, il faut veiller à ce qu’il n’accumule pas une dette de sommeil. Certains symptômes pourront démontrer l’insuffisance de repos. Contrairement à l’adulte dont le manque de sommeil se traduit par de la fatigue et une somnolence diurne, chez les enfants la somnolence n’est pas toujours le signe prépondérant. Il faut être attentif à des signes tels que :
Les conséquences de la privation de sommeil chez l’enfant sont nombreuses. Il est totalement faux de croire qu’un enfant privé de sa sieste s’endormira plus facilement le soir venu. Au contraire, l’excès de fatigue peut retarder l’endormissement ; la soirée risque d’être fatigante pour lui et éprouvante pour ses parents. Plus le niveau de fatigue est élevé, plus il est difficile de s’endormir, cette règle se vérifie tant pour les jeunes que pour les adultes. Par ailleurs, un enfant que l’on empêche de faire la sieste s’habitue à lutter contre les signes de fatigue et a plus de difficultés à s’abandonner aux bienfaits du sommeil.
Parmi les conséquences néfastes d’une dette de sommeil chez l’enfant, on remarque que l’apprentissage et la capacité d’attention sont affectés ; il s’adapte moins facilement aux nouvelles situations ; le système immunitaire est affaibli donc celui-ci est plus sujet à contracter des infections de toutes sortes.
Afin que la sieste remplisse efficacement son rôle, deux points sont à respecter :
Enfin, un enfant a assez dormi lorsqu’il s’éveille est de bonne humeur ET n’a pas de signe de fatigue dans l’heure qui suit !
Brigitte Langevin, auteure, conférencière et formatrice
Comment aider mon enfant à dormir
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