Journée internationale du sommeil

LE 21 MARS DE CHAQUE ANNÉE

Chacun de nous dispose d'un capital sommeil et il est trop précieux pour être négligé ou maltraité.  A nous de savoir le gérer, le conserver, l'utiliser au mieux et transmettre à nos enfants notre connaissance sur cette activité essentielle que nous partageons avec la plupart des espèces vivantes. 

Pourquoi s'intéresser au sommeil?
Parce que le sommeil concerne chacun d'entre nous, bon ou mauvais dormeurs.  Nous passons près d'un tiers de notre vie dans cet état, et ce n'est que récemment que les chercheurs se sont intéressés au sommeil, lui-même, à sa physiologie et à son rôle dans le développement de l'individu et de la personnalité.  Mieux comprendre le sommeil, c'est déjà apprendre à mieux dormir, à mieux gérer son sommeil et donc à améliorer ses performances et son fonctionnement pendant la journée.  Cette compréhension est nécessaire afin de mieux cerner cet état fortement impliqué dans la santé physique et mental de chacun.

Quels sont les conséquences d'un mauvais sommeil?
Au plan collectif, elles sont désastreuses.  Le retentissement du coût direct de l'insomnie est évalué à plusieurs millions d'euro chaque année en France et se chiffre en Amérique du nord en milliards de dollars.  Les conséquences doivent aussi être mesurées en terme de consommation de médicaments  (somnifères) qui est de plus en plus élevée à chaque année. Par ailleurs, la responsabilité des troubles du sommeil et de la vigilance dans les accidents de la route est une réalité qui apparaît de plus en plus évidente. La somnolence au volant tue; elle serait responsable de 30% des accidents mortels sur l'autoroute et cause 100 000 accidents légers par année. En outre, on estime qu'au siècle dernier, la durée du sommeil a diminué de 20% du simple fait de nos conditions de vie.  Cette dette de sommeil n'est pas sans interférée sur la santé.  Les conséquences d'une privation chronique de sommeil sur l'équilibre mental sont probablement sous-évalués. La diminution de la résistance au stress, l'anxiété, la dépression sont des troubles graves qui apparaissent fortement liés à l'insuffisance de sommeil.

Et le sommeil des bébés?
Les bébés ne naissent pas avec un chromosome de bonnes habitudes de sommeil, celles-ci doivent être enseignées.  Or, c'est dès la naissance que se construit le rapport au sommeil.  Selon les habitudes adoptées, on devient un bon ou un mauvais dormeur.  Les parents ont une responsabilité éducative majeure à jouer dans ce domaine.  Il leur appartient de se renseigner sur les mécanismes du sommeil, de comprendre les enjeux et d'adopter les bonnes attitudes.  Pourtant le sommeil, contrairement à la diététique ne fait l'objet d'aucune information systématique à la naissance du bébé.  Malheureusement, dans bien des cas, le sommeil commence à susciter un vif intérêt lorsqu'il pose problème.

Ritalin et sommeil?
Le traitement du trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité motrice (TDA-H) est un sujet de recherche d'intérêt majeur.  Le Ritalin est le médicament le plus souvent prescrit lors du diagnostic TDA-H, parce qu'il est le traitement dont les effets sont les plus rapides.  Toutefois, des traitements non médicamenteux doivent aussi faire partie du plan de traitement.  Ils incluent une thérapie, l'apprentissage au comportement social adapté et, pour les parents, une formation traitant des techniques de prise en charge de l'enfant ayant un TDA-H. Bien que le Ritalin puisse avoir un effet bénéfique sur l'inattention et sur l'hyperactivité/impulsivité et permettre une amélioration du comportement et des résultats scolaires chez 60 à 80% des enfants ayant un TDA-H, ses effets secondaires soulèvent des inquiétudes. Parmi les effets secondaires les plus fréquents du Ritalin, mentionnons l'insomnie (au premier rang), l'irritabilité, la diminution de l'appétit, la perte de poids, etc...

Au Québec, on estime que près de la moitié des enfants qui sont envoyés en consultation pour TDA-H souffrent de toutes sortes d'autres problèmes, tels que les troubles d'apprentissage, dépression, anxiété, dette de sommeil, dont les manifestations ressemblent au TDA-H mais qui ne nécessite pas de Ritalin. Comment peut-on alors justifier l'augmentation du nombre d'enfants qui prennent régulièrement du Ritalin?  Est-ce que le manque de sommeil des adultes dû à une vie en société tellement exigeante serait en lien avec le fait que les parents n'aient plus la force nécessaire pour supporter leurs enfants?

Pourquoi une journée internationale sur le sommeil?
Justement dans le but de sensibiliser le grand public à l'importance du sommeil et aux conséquences lités à ses troubles, la journée du 21 mars, le jour du printemps, a été retenue comme journée internationale du sommeil.  Cette initiative baptisée "Open your eyes to sleep" (Ouvrez les yeux sur votre sommeil) a vu sa première édition le 21 mars 2001.
 Au-delà, de la fascination que nous inspire cet état, ouvrons les yeux sur notre sommeil, apprenons le sommeil à nos enfant.  Il n'est pas trop tard!

pour information : contact@brigittelangevin.com ou 514-806-2016