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La sieste chez les enfants est essentielle

Si votre enfant de 2½ ans dort seulement huit heures par nuit, ne veut plus faire de sieste et se comporte bien durant la journée, il est tentant de conclure qu’il n’a pas besoin de plus de sommeil. Détrompez-vous, huit heures de sommeil sont rarement suffisantes pour un enfant de cet âge.

Encore de nos jours la plupart d’entre nous pensent au sommeil comme une cessation d’activité, un oubli dans lequel nous glissons et où rien ne se passe. Or c’est exactement le contraire.

En fait, dormir est aussi essentiel à l’enfant que d’être nourri et aimé. Nous savons maintenant avec la science du sommeil que cette période dans lequel nous passons le tiers de nos journées en moyenne, et c’est beaucoup plus chez les enfants, est loin d’être une simple mise en veilleuse de notre activité mentale et physique. Chez l’enfant, pendant que son corps dort, sur le plan physiologique, il y a aura entre autres, la sécrétion de l’hormone de croissance, l’élimination des déchets, le renforcement de son ossature, la cicatrisation des plaies (les bobos) et surtout la réponse de l’activation immunitaire (c’est pendant qu’il dort que son corps combat les virus). Sur le plan intellectuel (durant un stade particulier du sommeil) aura lieu entre autres, le traitement de l’information et la mémorisation, la maturation du système nerveux central, l’apprentissage de nouvelles matières, l’adaptation émotionnelle, etc… 

La planification des siestes est donc importante, elle doit s’ajuster en fonction de l’âge et des besoins en sommeil de l’enfant. Le nombre de siestes dans la journée varie selon l’âge de l’enfant. Même si certains enfants sou­haitent abandonner la sieste dès l’âge de 2 ans, une période de repos (étendu sur son matelas sans dormir) peut très bien remplacer la sieste. Il n’est pas rare de les voir s’endormir. Combien de siestes l’enfant doit-il faire par jour ? Voici quelques repères :

  • De 0 à 3 mois : 4 à 6 périodes de sommeil dans la journée. En fait, durant la journée, les signes de fatigue se manifeste facilement au bout d'un 1h, 1h15.  Il convient alors de lui offrir à dormir.
  • Vers 4 mois : le rythme de 3 siestes s'établit, soit une sieste le matin, une en début d’après-midi et une autre en fin d’après-midi, tout en respectant le maximum de 2 heures d’éveil entre les périodes de sieste.
  • De 9 à 16-18mois : une sieste en matinée et une autre en début d’après-midi.
  • À partir de 18 mois : une sieste en début d’après-midi.
  • Entre 2 et 3-4 ans : une sieste, immédiatement après le repas du midi.
  • Vers l’âge de 4-5 ans : une période de repos. En fait cette période de repos devrait demeurer toute la vie. Physiologiquement le corps réclame ce temps d’arrêt en début d’après-midi. Certains professeurs l’ont compris et intègrent un moment de détente après le repas du midi où à tout moment de la journée si les enfants sont très agités. En l’absence de locaux aména­gés, ils imposent un temps d’arrêt obligatoire : assis à leur petite table, les enfants ferment les yeux et appuient la tête sur leur bras.

Chez les enfants, bien souvent le refus de faire la sieste n’est qu’un jeu dans lequel il s’oppose aux règles éta­blies. Ainsi, il s’affirme en tant qu’individu doté de carac­tère et de personnalité. Il est suggéré aux adultes (parents et éducateurs) d’accepter qu’un enfant refuse de faire de sieste, on ne peut forcer personne à dormir. Mais ATTENTION, il est primordial d’installer un temps de repos où l’enfant se trouve allongé sur son matelas ou dans son lit, les yeux ouverts s’il le désire, mais sans aucune stimulation de quelque sorte (jouet, livre ou autre). Chez les plus vieux, après quarante-cinq minutes de repos sans bruit, l’enfant qui ne s’est pas assoupi sera autorisé à se lever. Dans un milieu de garde, ces enfants pourraient participer à une activité calme, tel que lec­ture, casse-tête ou coloriage jusqu’à ce que les autres soient éveillés. Il faut éviter qu’un bénéfice se créer à l’idée de ne pas vouloir dormir cependant. Afin de répondre à leur désir de jouer, certains enfants sont prêts à mettre tout en œuvre pour sauter la période de dodo de l’après-midi. Soyez vigilent ! Le rôle du parent ou de l’adulte qui en prend soin est de répondre aux besoins de l’enfant (dormir est un besoin fondamental !) et d’entendre le désir de l’enfant sans toutefois y répondre. 

Si votre enfant ne veut plus faire de sieste et qu’aucune période de repos n’a été instaurée pour la remplacer, il faut veiller à ce qu’il n’accumule pas une dette de som­meil. Certains symptômes pourront démontrer l’insuffisance de repos. Contrairement à l’adulte dont le manque de sommeil se traduit par de la fatigue et une somnolence diurne, chez les enfants la somnolence n’est pas toujours le signe prépondérant. Il faut être attentif à des signes tels que :

  • L’hyperexcitabilité,
  • l’irritabilité,
  • les colères,
  • l’intolérance à la frustration,
  • l’intolérance au changement,
  • les pleurs,
  • une humeur changeante. 

Les conséquences de la privation de sommeil chez l’enfant sont nombreuses. Il est totalement faux de croire qu’un enfant privé de sa sieste s’endormira plus facile­ment à la prochaine sieste ou le soir venu. Au contraire, l’excès de fatigue peut retarder l’endormissement ; la soirée risque d’être fati­gante pour lui et éprouvante pour ses parents. Plus le niveau de fatigue est élevé, plus il est difficile de s’endormir, et plus la durée du sommeil diminue, cette règle se vérifie tant pour les jeunes que pour les adultes. Par ailleurs, un enfant que l’on empê­che de faire la sieste s’habitue à lutter contre les signes de fatigue et a plus de difficultés à s’abandonner aux bienfaits du sommeil.

Parmi les conséquences néfastes d’une dette de som­meil chez l’enfant, on remarque que l’apprentissage et la capacité d’attention sont affectés ; il s’adapte moins faci­lement aux nouvelles situations ; le système immu­nitaire est affaibli donc celui-ci est plus sujet à contrac­ter des infections de toutes sortes. 

Afin que la sieste remplisse efficacement son rôle, deux points sont à respecter :

  • La sieste de l’après-midi doit suivre le repas du midi, sinon l’enfant dormira trop tard dans l’après-midi. Or, pour bien dormir la nuit, il faut un temps de veille suffisamment long entre la dernière sieste et le moment du dodo en soirée. Cette sieste devrait s’engager vers midi 30 – 13 heures et se terminer au plus tard à 15 heures.
  • La sieste ne doit en aucun temps être associée à une punition par des propos tels que Si tu n’es pas sage, tu iras faire la sieste ou bien, Tu es infernal aujourd’hui, va faire la sieste ou encore qu’elle soit associée au statut de bébé Tu es un bébé, il est normal que tu fasses une sieste. La sieste est alors mal vécue et ne représente plus une pause bénéfique dans l’activité de la jour­née. 

Enfin, un enfant a assez dormi lorsqu’il s’éveille est de bonne humeur ET n’a pas de signe de fatigue dans l’heure qui suit ! 

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